Sept barrages avaient été installés dans les années 60 lors du recalibrage du cours d’eau de la Bionne.
La restauration du cours d’eau a débuté en 2017 par la suppression des barrages et la restauration du lit mineur. Ces travaux ont permis de restaurer plus de 7 kilomètres du cours d’eau et supprimer six des sept barrages.
Le dernier barrage se situe sur la commune de Boigny sur Bionne. Il permet d’alimenter le Bief de la Commanderie.
Un peu d’histoire sur le moulin de la Commanderie :
Le bief :
Avant le recalibrage, le bief était alimenté par la Bionne. Il n’y a pas beaucoup d’éléments concernant les travaux lors de la construction du Moulin de la Commanderie et de son bief. Le bief de la Commanderie aurait été creusé plus profond que la rivière, permettant ainsi de récupérer un maximum d’eau, la Bionne ayant un faible débit.
Cette modification devait provoquer des assecs réguliers sur le cours d’eau en aval de la prise d’eau du bief. Il ne devait donc pas y avoir d’ouvrage permettant la répartition des eaux entre le bief et le cours d’eau.
Le barrage de Bouland :
Il a été construit lors du recalibrage du cours d’eau dans les années 60 :
- En amont du bassin de la Bionne, le cours d’eau est devenu un gros fossé de drainage permettant l’évacuation rapide de l’eau. En aval, le cours d’eau a été élargie afin de supporter l’afflux d’eau en période de crues.
- La Bionne a donc été creusée et élargie au niveau du bief de la Commanderie, le fond se retrouvant donc au même niveau que le fond du bief.
- Le niveau d’eau du bief et du cours d’eau étant identique, un barrage a été mis en place afin de diriger l’eau vers le moulin de la Commanderie.
Le moulin de la Commanderie :
Ce barrage, permet effectivement d’alimenter le bief du moulin de la Commanderie.
A ce jour, le moulin de la Commanderie n’a plus de roue et n’a plus de machinerie. Il sert aujourd’hui d’habitation.
Ce moulin qui aurait dû être détruit dans les années 1800 :
Des travaux d’agrandissement du bief avaient été réalisés afin de stocker une quantité d’eau suffisante pour faire fonctionner la roue du moulin durant 24 heures. Mais cela était au dépend des deux autres moulins : le Moulin Pineau et le Moulin de Bionne situés à aval.
Ils étaient contraints de fonctionner au bon vouloir du moulin de la Commanderie. De nombreux courriers de plaintes ont été retrouvés démontrant les problèmes liés au moulin de la Commanderie. Le moulin de la Commanderie devait être détruit. Mais cela n’a jamais été fait.
Les travaux de recalibrage des années 60 :
Lors du recalibrage du cours d’’eau, comme pour toutes les rivières en France et même en Europe, le principe était le même. Les travaux consistaient à rectifier le trajet en le faisant le plus rectiligne possible et en le creusant, pour augmenter sa capacité, drainer les terrains potentiellement cultivables et évacuer l’eau le plus rapidement possible.
En amont, zone agricole, les cours d’eau de l’Esse et de la Bionne ont été transformé en fossé rectiligne.
En aval le cours d’eau de la Bionne a été élargie et des barrages ont été mis en place afin d’éviter d’avoir une rivière assec une grande partie de l’année du fait du recalibrage et de la destruction des zones humides, des mares, des fossés, … .
Le barrage de Bouland :
Le barrage permet donc aujourd’hui de conserver de l’eau dans le bief mais :
- Il est aux trois quarts envasés,
- Un muret boque le bon écoulement de l’eau,
- La vanne du moulin de la Commanderie est en mauvais état,
- L’écoulement est régulièrement interrompu au niveau de la vanne du moulin,
- L’écoulement est nul sur le cours d’eau de la Bionne au niveau du clapet de Bouland en période d’étiage,
- Le clapet de Bouland étant semi-automatique, il se baisse lors des montées des eaux, mais doit être manipulé pour le remonté. Ce qui pose problème sur le bief qui se retrouve, régulièrement en assec du fait de son envasement,
- Le cours d’eau de la Bionne est envasé sur une centaine de mètres en amont du clapet,
- La largeur du cours d’eau étant très importante,
- Le barrage augmente les assecs lors des périodes d’étiage sévère sur les 7 kilomètres de la Bionne en aval du barrage,
- Il maintien un niveau d’eau et augmente le risque d’inondations.
Lors du recalibrage du cours d’eau, la Bionne a été déplacée à plusieurs endroit pour en faire un cours d’eau rectiligne. Des portions de l’ancien lit de la Bionne sont encore visibles. Certaines portions ont été remises en service en aval du clapet de Bouland.
Plus de 400 mètres de l’ancien lit ont ainsi pu être restaurés. Les zones où le lit qui avait été recalibré n’a pas été remblayé, mais ont été valorisés en zones humides et d’expansion de crues.
L’objectif de la reprise des anciens tracés encore existants est de :
- Reméandrer le cours d’eau,
- Retrouver une continuité écologique,
- Retrouver une végétation typique des bords de rivières,
- Réduire les problèmes d’inondation.
En résumé :
Le site dit de « Bouland » est une zone complexe avec son bief, son moulin, son cours d’eau, des mares, des étangs, des résurgences de la nappe de Beauce, des zones humides et d’expansion de crues, des anciens tracés de lit de la Bionne.
Pour ces raisons et afin d’améliorer la continuité écologique et la problématique inondation, une étude va débuter courant avril 2026 pour une durée maximum de six mois.
Cette étude a pour objectif :
- De travailler sur une zone prenant en compte l’ouvrage Bouland, le cours d’eau, le bief de la Commanderie et son moulin, mais aussi les anciens tracés de la Bionne en amont du barrage de Bouland.
- De proposer des actions pour améliorer les deux thématiques : restauration écologique et problématique inondation.
Vous pourrez retrouver régulièrement l’avancée de l’étude sur notre site internet ou sur notre page facebook (Sibcca Syndicat Mixte Bionne Cens).